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A la recherche du sel à dans les archives de Barcelone

Du 26 avril au 2 mai 2026, je me suis rendue à Barcelone dans l’objectif de consulter des sources liées aux circulations du sel – notamment avant l’annexion du Roussillon (1659) – conservées dans plusieurs dépôts d’archives de cette ville. Ce séjour a été financé par un appel à projet APdoc qui permet notamment aux doctorants de financer un séjour de recherche lié au travail de collecte de données[1].

Source : photographies de l’Archive de la Couronne d’Aragon (à gauche), de la Biblioteca nacionale de Catalunya (au centre) et de l‘Arxiu històric de la ciutat de Barcelona (à droite) © Jeanne Lefebvre.

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Construir el territorio industrial: políticas públicas en el Languedoc del siglo XVIII

Cicle de seminaris d’Història Rural del Centre de Recerca d’Història Rural, Université de Gérone, 27 mars 2026

Le territoire industriel n’est pas un cadre préexistant : c’est une construction historique qu’il faut expliquer. C’est à partir de cette hypothèse que j’ai présenté, le 27 mars 2026, une communication au séminaire d’histoire rurale du Centre de Recerca d’Història Rural de l’Université de Gérone, dans le cadre du programme transfrontalier ESTAC.

La communication portait sur le cas du Languedoc au XVIIIe siècle, l’une des principales régions lainières du royaume de France, spécialisée dans la production de draps destinés à l’exportation vers les marchés du Levant. Face aux approches classiques centrées sur la marchandise et les performances productives, il s’agissait de déplacer le regard vers les flux — financiers, matériels, agricoles — qui rendent possible et viable l’activité manufacturière dans la durée. En m’appuyant sur le concept marxiste de fétichisme de la marchandise, j’ai proposé de « défétichiser » la production du drap pour rendre visible l’ensemble des relations — institutionnelles, spatiales, agricoles — qui en conditionnent l’existence.

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Présentation du sujet de thèse : “Le sel : produit global, effets locaux. Pour une histoire globale des réseaux d’échanges et de contrebande dans et à travers le Roussillon du XVIIe au XIXe siècle”.

Les thématiques du sel et du faux-saunage dans l’historiographie suscitent l’intérêt de diverses disciplines – histoire, histoire du droit, économie, et droit – depuis le début du XXe siècle. En effet, le faux-saunage est une des contrebandes les plus pratiquées par les populations de l’Époque moderne en raison de l’importance primordiale du sel. Il est un des seuls agents conservateurs des viandes et des poissons, au cœur des consommations humaines et animales, condiment et mobilisé dans la médecine. Ainsi, de nombreuses productions scientifiques ont longtemps vu le sel et ses circulations à travers le prisme des frontières. L’imposition sur le sel a pour conséquence la formation de nombreuses frontières fiscales dans le royaume de France. Le Roussillon n’échappe pas à ce modèle. 

Cette thèse, en s’appuyant sur le renouvellement des approches en faux-saunage – histoire des femmes et histoire globale – vise à analyser dans une approche par produit, le sel et ses circulations légales (peu étudiées) et illégales autour d’un terrain d’observation large par ses bornes chronologiques – XVIIe-XIXe siècles – et par ses bornes géographiques. L’espace transfrontalier étudié comprend plusieurs territoires : le Roussillon, le Languedoc, l’Andorre, le Comté de Foix ainsi que la Catalogne. Il s’agit d’observer les circulations du sel depuis ses zones de productions (Cardona, Canet), son transport jusqu’aux différents marchés et zones de consommation que sont le Roussillon, et le sud du Royaume de France. 

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Journée d’étude : “Défis et enjeux pour un atlas historique transfrontalier catalan”, 26/02/2026

Le 26 février 2026, de 10h à 16h, s’est déroulée la journée d’étude : « Défis et enjeux pour un atlas historique transfrontalier catalan » à l’Université de Perpignan Via Domitia en salle Yves Guitton. Cette journée s’inscrit dans le projet Interreg POCTEFA ESTAC. Plusieurs chercheurs (historiens et géographes) du Groupe d’Histoire sociale de l’UPVD, de l’Institut de la Universitat de Girona et de l’Université de Haute-Alsace se sont réunis afin de réfléchir aux première base de la création d’un Atlas prenant comme objet d’étude l’espace catalan, à ses défis, à de premiers questionnements méthodologiques.

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Usage du mot « entrepreneur » dans la correspondance d’un ingénieur des mines en 1796. Réflexion sur une source de l’histoire des maitres de forges des Pyrénées.

Une des questions posées par l’étude des maitres de forges de l’est des Pyrénées est la complexité de la définition de cette catégorie d’acteurs, qu’on les considère en tant qu’individus ou en tant que groupe. Derrière le terme générique de Maitre de forges, une typologie rapidement esquissée parait pouvoir réunir plusieurs sous-groupes différents, comme les aristocrates propriétaires de forges et de forêts, les fermiers de forges qui les exploitent plus directement, les techniciens qui proviennent du monde des fabricants à proprement parler et dont certains finissent par gérer l’ensemble de la forge ou encore, de  gros exploitants ruraux qui outre les forges gèrent aussi des domaines comprenant des activités agro pastorales et de l’exploitation forestière. L’évolution entre la fin du XVIIIe siècle et la fin du XIXe siècle voit-elle s’affirmer certaines catégories et disparaitre d’autres ? Passe-t-on dans cette zone de montagne considérée peut-être comme une « marge » de l’industrie, à une forme « nouvelle » d’entrepreneuriat ? Le groupe reste-t-il au contraire marqué par les inerties liées aux contraintes des espaces de montagne et du système technique de la sidérurgie directe ?

Dans ce questionnement, la notion d’entrepreneur à appliquer à ces acteurs est un des points intéressants à discuter.  Selon l’historien Patrick Verley, de nombreux acteurs agissant dans le domaine de la production ne peuvent pas à proprement parler être nommés entrepreneurs si, selon lui, ils ne réunissent pas un ensemble de compétences ou de capacités, qui émergeraient à la fin du XVIIIe siècle, à savoir : la compréhension précise des processus de production et des techniques mobilisées, la maitrise des flux d’approvisionnements et des circuits de distribution et de commercialisation, la direction de la main d’œuvre et les outils de financement disponibles de son activité[1]. 

Les rapports et autres documents réalisés par les ingénieurs des mines au tournant des XVIIIe et XIXe siècles sont un des éléments à intégrer au dossier dans la mesure où ceux-ci décrivent les activités liées aux mines et les acteurs impliqués dans la sidérurgie ! Ces rapports sont extrêmement précieux pour documenter ces activités et constituent une source fondamentale de l’histoire économique et sociale de cette activité en France. Voici présentée ici une lettre de l’ingénieur des mines Mathieu au Conseil des mines, daté du 1er fructidor de l’an IV (18 août 1796), pendant le Directoire.

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Léa Tavenne, Une histoire des naufrages par les marges (XVIIIe-XIXe siècle) ? Sources, données et interdisciplinarité, 17/12/2025.

16 h 00 – 18 h 00

Université de Perpignan

Salle FRAMESPA (1er étage de la faculté LSH)

Léa Tavenne (maîtresse de conférence en Histoire moderne, Université de Bretagne Sud, laboratoire TEMOS, UMR 9010).

« Une histoire des naufrages par les marges (XVIIIe-XIXe siècle) ? Sources, données et interdisciplinarité ».

Publication de l’ouvrage : BARRERE Adrien, En charrette et à dos de mule. Une histoire du transport terrestre pyrénéen de la fin du XVIIIe siècle et le début du XX siècle, Paris, Éditions Ithaka, 2025, 275 p.

L’ouvrage En charrette et à dos de mule. Une histoire du transport terrestre pyrénéen de la fin du XVIIIe siècle et le début du XX siècle vient de paraître aux Éditions Ithaka. Il fait suite à l’obtention du prix Ithaque-Marquet du Master d’histoire économique et sociale 2024 pour mon mémoire de recherche en histoire contemporaine sur les voituriers de Fontpédrouse sous la direction de Nicolas Marty. Il est disponible sur : https://ithaka.fr/catalogue/produit/laffaire-collignon-copie/

Résumé : Entre la fin du XVIIIe siècle et 1910, Fontpédrouse, dans les Pyrénées-Orientales, compte plus de 200 transporteurs, appelés traginers en catalan, qui jouent un rôle central dans le commerce régional. Ce livre met en lumière ces acteurs indispensables au commerce, longtemps négligés par l’historiographie française, en montrant que les Pyrénées ne forment pas une barrière, mais un réseau de couloirs commerciaux entre la France, l’Espagne et plusieurs départements français. L’étude détaille les pratiques professionnelles des voituriers, les marchandises transportées, les animaux utilisés, ainsi que les dynamiques familiales structurant ce groupe socio-professionnel. Elle met en lumière leur forte adaptation aux évolutions économiques et infrastructurelles, depuis les muletiers du XVIIIe siècle jusqu’aux rouliers du début du XXe siècle. Cette recherche souligne le rôle fondamental du transport dans la mobilité et l’économie locale et apporte une contribution originale à l’histoire sociale des sociétés montagnardes.

Anna Nadal, « L’estudi d’interiors domèstics dels segles XVII i XVIII. Fonts i perspectives d’anàlisi per la història de l’art », 15/10/2025

16 h 00 – 18 h 00,

Université de Perpignan,

Salle FRAMESPA (1er étage de la faculté LSH),

Anna Nadal, (Doctorante en Histoire de l’Art moderne, Grup d’estudis culturals, artístics i polítics, Universitat de Girona).

“L’estudi d’interiors domèstics dels segles XVII i XVIII. Fonts i perspectives d’anàlisi per la història de l’art”

“L’étude des intérieurs domestiques des XVII-XVIIIe siècles. Sources et perspectives d’analyse pour l’histoire de l’art”.

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Présentation du programme ESTAC

Le projet Estac est un projet de coopération transfrontalière Interreg POCTEFA entre le Groupe d’Histoire sociale (UMR 5136) des chercheurs de l’UMR Framespa de l’Université de Perpignan Via Domitia et l’Institut de Recerca Historica de la Universitat de Girona et deux de ses groupes de recherche – le Grup d’Estudis Culturals, Artistics i Politics et le Grup de Recerca en Historia de les Societats Rurals. 

Les objectifs principaux sont de promouvoir et de créer un espace transfrontalier de formation et de recherche dans l’enseignement supérieur autour de l’Espace catalan Transfrontalier (Espagne – France – Andorre) et permettre une coopération entre le Groupe d’Histoire sociale et l’Institut de Recerca Historica de la Universitat de Girona.

Ce projet, financé à 65 % par l’Union européenne, se développe pour une période de trois ans, de 2025 à 2027.

Le POCTEFA donnera lieu à la mise en place d’actions et d’évènements comme l’organisation de séminaires, de cycles de conférence, d’expositions, d’un colloque scientifique, de publications, le projet d’une base de données communes et la préfiguration d’un Master Co-diplômant entre l’UPVD et l’UdG.

Coordinateur UPVD : Julien Lugand – julien.lugand@univ-perp.fr

Responsable scientifique UPVD : Nicolas Marty – nicolas.marty@univ-perp.fr

Personne Contact UPVD : Margault Coste-Hequet – margault.coste@univ-perp.fr

Lecture de Jean-Pierre Jessenne, Les campagnes françaises entre mythe et histoire : XVIIIe-XXIe siècle, Paris, A. Colin, 2006, 285 p.

Jean-Pierre Jessenne est un historien ruraliste français de renom, spécialiste de la période révolutionnaire. Actuellement membre du groupe de recherche CNRS IRHIS (Institut de Recherches Historiques du Septentrion), il a mené une carrière académique prolifique, marquée par ses travaux sur l’histoire des campagnes françaises du XVIIIe au XXIe siècle. Ses recherches se distinguent par une approche novatrice au-delà les périodisations traditionnelles, et offrent une perspective de longue durée sur les transformations du monde rural. Professeur émérite des universités de Rouen et de Lille, Jessenne a également été membre du comité de rédaction de la Revue d’histoire moderne et contemporaine. Il a ainsi activement contribué au renouvellement historiographique dans son domaine.

Le travail de l’auteur s’inscrit dans une démarche novatrice visant à étudier la ruralité française sur le temps long, et dépasse les divisions traditionnelles entre histoire moderne et contemporaine. Cette approche permet d’analyser l’évolution des campagnes françaises du XVIIIe au XXIe siècle de manière continue et cohérente. L’auteur se propose de questionner la ruralité française en distinguant les mythes des « données confirmées par la recherche ». Cette démarche globale vise à déconstruire les idées reçues et les stéréotypes qui ont longtemps dominé la perception des campagnes. Il cherche à dépasser les modèles de pensée basés sur l’opposition simpliste entre ville et campagne. Il remet en question la notion de solidarité villageoise supposée, invitant à envisager la complexité et la variété des situations rurales. Cette approche permet de mieux comprendre les dynamiques sociales, économiques et culturelles qui ont façonné les espaces ruraux français au fil des siècles, avec une perspective plus nuancée et hors caricatures de la ruralité.

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Journée d’étude “À qui profite le crédit ? Approches sociales de la relation de crédit en Europe (XVIIe-XVIIIe siècles)”

Mercredi 29 janvier 2025 – 9h-16h30

Salle Georges Duby, MMSH – Aix-en-Provence

La journée d’étude est coorganisée par le groupe « Le travail dans les économies et les sociétés méditerranéennes » de l’UMR 7303 TELEMMe, et par le groupe d’histoire sociale de l’économie de l’UMR 3136 FRAMESPA.

Cette journée d’étude examine les relations de crédit dans l’Europe d’Ancien Régime sous leurs aspects sociaux, culturels et économiques. Elle s’attache à comprendre le rôle du profit et les rapports de pouvoir au cœur de ces pratiques, en explorant leurs effets sur les relations et structures sociales.

Inscription obligatoire pour une participation en distanciel : claire.huet@univ-amu.fr

https://calenda.org/1224474 

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Pròxim seminari : Tapers i comerciants entre França i Catalunya: la mobilitat en la configuració de la indústria surera catalana, (segles XVIII-XIX)

Rosa Ros Massana, Facultat de Ciències Econòmiques i Empresarials-Institut de Recerca Històrica, Universitat de Girona

Sala del FRAMESPA 16h-18h

El seminari serà en Català

Prix de la fondation Ithaque Marquet d’histoire économique et sociale à Adrien Barrere pour son travail sur les muletiers de Fontpédrouse

Le prix “Ithaque-Marquet” 2024 du Master d’histoire économique et sociale -7ème édition- a été attribué à M. Adrien Barrere.

Le jury présidé par Anne Conchon a désigné M. Adrien Barrere comme lauréat 2024 du prix “Ithaque-Marquet” du Master d’histoire économique et sociale.

Le mémoire de Master de M. Adrien Barrere est intitulé: “Les voituriers de Fontpédrouse entre la fin du XVIII siècle et 1910”, écrit sous la direction de M. Nicolas Marty (Université de Perpignan).

Le jury s’est réuni le 25 novembre 2024 et était composé de Mme Anne Conchon (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Mme Marie-Emmanuelle Chessel (Centre de sociologie des organisations, Science Po Paris),  et de Messieurs Patrice Baubeau (Université Paris Ouest la défense), Alain Beltran (CNRS, UMR SIRICE), Olivier Dard (Paris 4 Sorbonne), Nicolas Gallon (Professeur de Classe préparatoire) Léonard Laborie (CNRS, UMR SIRICE), Michel Margairaz (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Jean Marquet (Fondation Ithaque Marquet), Frédéric Tristram (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), et Olivier Wieviorka (Ecole normale supérieure Paris Saclay)

Le mémoire de M. Adrien Barrere fera l’objet d’une publication aux éditions Ithaka.

https://www.ithaque-marquet.org/projets-en-cours

Lecture : Fabrice Boudjaaba (dir.), Le travail et la famille en milieu rural : XVIe-XXIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014, 281 p.

Fabrice Boudjaaba est un historien moderniste français, actuellement directeur de recherches au CNRS affecté au Centre de Recherches Historiques (CRH) depuis 2012. Ses travaux de recherche se concentrent principalement sur l’histoire des familles, la reproduction sociale, et les dynamiques économiques en milieu rural du XVIIIe au XXe siècle. L’auteur s’est particulièrement intéressé aux questions de transmission patrimoniale, d’alliances familiales, et de marchés fonciers dans la France préindustrielle. Son expertise dans ces domaines fait de lui une figure importante de l’historiographie contemporaine des sociétés rurales françaises.

L’ouvrage dirigé par Fabrice Boudjaaba s’inscrit dans un contexte de renouvellement historiographique significatif de l’histoire rurale et de l’histoire sociale. Ce renouveau se caractérise par un déplacement de l’attention des groupes sociaux vers les choix et trajectoires individuels, intégrant ainsi les apports de la microhistoire. Cette évolution méthodologique s’accompagne d’une influence croissante de la sociologie rurale sur les travaux historiques. Pendant une période, les paysans avaient suscité un certain désintérêt de la part des chercheurs, qui les considéraient comme un groupe social en voie de normalisation. Cependant, cette perception négligeait la spécificité des rapports entre l’individu et le groupe en milieu rural. L’ouvrage vient combler cette lacune en proposant une analyse approfondie du travail familial en milieu rural, un sujet qui gagne en importance dans la recherche historique contemporaine. Cette approche s’inscrit dans une tendance plus large de l’historiographie française, qui vise à revisiter l’histoire des sociétés rurales avec un regard neuf, comme en témoigne le récent numéro thématique de la revue Le Mouvement social dirigé par Gérard Béaur.[1] Ainsi, le travail de Fabrice Boudjaaba et de ses collaborateurs contribue à une histoire rurale française dynamique, internationale et interdisciplinaire, qui s’efforce de dépasser les clichés anciens sur la ruralité tout en restant attentive aux spécificités des sociétés rurales.

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Présentation du sujet de thèse : « Connecter le territoire. Transport et transporteurs dans un espace transfrontalier au XVIIe siècle (partie orientale des Pyrénées – Catalogne, Andorre, Pays de Foix, Languedoc). » 

Le monde du transport n’a pas fait l’objet de nombreuses études en histoire, notamment en France, et reste assez mal connu1. Pourtant, les différentes modalités du transport terrestre (charretage, muletage, colportage) assuraient, le plus souvent articulées entre elles et également avec les transports par voie d’eau, l’approvisionnement des « consommateurs » en produits divers dans des lieux parfois éloignés des centres de productions et des centres urbains, à travers les foires et marchés et les boutiques. Ainsi, si la circulation des marchandises dans l’Europe moderne revêtait une grande importance, elle reste encore à apprécier de façon précise.

L’est des Pyrénées apparaît alors comme un laboratoire particulièrement approprié pour étudier le transport et les transporteurs au XVIIe siècle. La thèse, sous la direction de Patrice Poujade, propose de placer le transport, principalement le muletage puisqu’il s’agit de terrains de montagnes, comme une activité de connexions, ce qui participerait donc à la construction d’un territoire transfrontalier. En effet, le terrain d’études s’articule autour du col de Puymorens et de ses ramifications, c’est-à-dire l’axe majeur du commerce entre Toulouse et Barcelone et une partie de la Catalogne intérieure dans lequel l’Andorre joue un rôle important. De plus, se placer au XVIIe siècle permet de se confronter à la question de la guerre, entre les monarchies française et espagnole, et de ses possibles conséquences sur le transport, notamment avec la modification des frontières à la suite du Traité des Pyrénées en 1659. 

Pour observer ces connexions territoriales, il a été décidé de se placer sur certains points d’ancrage afin de mailler le territoire et jouer sur les échelles d’analyse. Les bourgs pyrénéens seront donc au cœur des questions liées au commerce en général (Ax, Puigcerdà, La Seu d’Urgell, en particulier), mais il faudra aussi se placer sur d’autres communautés dont on sait l’importance pour la production (le sel de Cardona) et/ou le transport de produits spécifiques (le fer à Olette et Fontpédrouse) tout en ne négligeant pas la question de l’approvisionnement en mules et mulets (la foire de Verdú).

Le terrain d’études de la thèse. Élaboration propre.

Ainsi, trois principaux types d’archives seront dépouillés, dans une volonté de s’inscrire dans une démarche empirique : les actes notariés, les fonds judiciaires et les registres paroissiaux. Insérée dans le champ de l’histoire sociale de l’économie, cette recherche a pour objectif de mieux connaître le groupe des transporteurs et de mettre en avant les connexions territoriales auxquelles ils participent et qui contribuent à la construction de ce territoire transfrontalier. Il faudra aussi questionner le rôle des acteurs du transport dans la circulation des informations ainsi que dans la « commercialisation des campagnes2 ».

  1. Certains historiens français se sont tout de même penchés sur le monde du transport. Voir notamment : AMOURETTI B., Les hommes et la route au XIXe siècle : de Briançon au Bourg d’Oisans, Aix-en-Provence, Édisud, 1984, 239 p. PRIOTTI J.-P., « En Espagne, de nouveaux protagonistes de l’économie (XVIe-XVIIe siècles). Les muletiers yangois du Quichotte », Identités méridionales. Entre conscience de soi et visions de l’autre, Toulouse, Éditions du CTHS, 2003, p. 109-152. POUJADE P., « Le marché des bovins de trait dans un bourg de la Castille moderne. Almodóvar del Pinar (XVIIe-XVIIIe siècles) », Histoire & sociétés rurales, t. 52, n°2, 2019, p. 67-102 ; POUJADE P., « La carretería, una actividad rural en la Castilla Moderna. El caso de Almodóvar del Pinar en los siglos XVII y XVIII », Cuadernos de Historia Moderna, n° 48, 2023, p. 225-252. Il dédie également de nombreuses lignes aux transporteurs dans l’ouvrage qu’il a réalisé avec Nicolas Marty publié en 2023. MARTY N. et POUJADE P., Pour une histoire sociale de l’économie : notions et débats, Toulouse, Presses universitaires du Midi, 2023, 273 p. Les historiens espagnols, catalans et italiens semblent s’intéresser davantage au transport et aux transporteurs. Voir, par exemple, SALES N., « Ramblers, traginers i mules (s. XVIII-XIX) », Recerques, n°13, 1984 ; MUSET I PONS A., Catalunya i el mercat espanyol al segle XVIII : Els traginers i els negociants de Calaf i Copons, Barcelone, Publicacions de l’Abadia de Montserrat, 1997, 329 p. ; RUBIO PÉREZ L. M., Arrieros maragatos. Poder, negocio, linaje y familia. Siglos XVI-XIX, León, Fundación Hullera Vaco-Leonesa, 1995, 178 p. TORRE A. (dir.), Per vie di terra. Movimenti di uomini e di cose nelle società di antico regime, Milan, FrancoAngeli, 2007, 192 p. [↩]
  2. Voir : VILLAIN Julien, « Les marchands ruraux et la commercialisation des campagnes dans l’Europe du XVIIIe siècle. Le cas de la Lorraine centrale et méridionale », Histoire & Sociétés Rurales, 2021/1, p. 43-84. [↩]

Séminaire permanent – Seminari Permanent